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MELLIER D. (2018). La vie psychique des équipes. Malakoff, Dunod.

mardi 1er janvier 2019


MELLIER D. (2018). La vie psychique des équipes. Malakoff, Dunod.

Denis Mellier est psychologue clinicien, psychothérapeute, professeur de psychologie clinique et psychopathologie à l’université de Bourgogne. Il nous confie son cheminement théorique à partir de ses trente années d’expérience professionnelle en tant que régulateur des équipes de professionnels du secteur social et de la santé. Une équipe n’est pas un individu. Impossible donc de plaquer des concepts, comme les concepts psychanalytiques issus des récits individuels. Il s’appuie sur Bion, Bleger, Kaës, Fustier, Anzieu…

Le repérage et la reconnaissance des conflits est une première étape fondamentale dans le travail avec les équipes qui s’observent à travers l’histoire de l’institution. Ces conflits ont leur propre fonctionnement psychique complexe. C’est une réalité clinique qui doit aussi tenir compte des relations entre les « accueillants » et les « accueillis » dans le travail pour améliorer la situation. Bion définit plusieurs formes de conflit. Il peut fonctionner comme une résistance ; le groupe ne renonce pas à abandonner son plaisir au profit de la réalité. Le conflit peut être lié à une confusion ; il est alors envisagé comme une limite, une peau, une membrane différenciatrice selon un modèle intersubjectif. Le conflit peut également dépasser l’institution et s’inscrire en tant que révolution selon un mécanisme de l’ordre de la transubjectivité.

« L’accueillant » qui a pour fonction de contenir l’anxiété de « l’accueilli », doit être lui-même contenu, reconnu par l’institution pour que le travail d’équipe puisse s’opérer. Ainsi tout changement dans l’équipe peut la fragiliser. Son fonctionnement suffisamment solide et souple servira de garantie pour supporter puis absorber cette modification et continuer à assumer sa fonction de symbolisation. Lorsque la rage d’un « accueilli » surgit, elle renvoie à la dé-différentiation des espaces et des limites, quand le personnel ne parvient plus à assurer jusqu’au bout sa position soignante, proche d’une position parentale. La fonction contenante de l’équipe est mise à mal. Il faut alors pouvoir créer des relais thérapeutiques afin de retrouver une certaine sérénité. Pour que l’équipe accueille correctement les souffrances des « accueillis », il est nécessaire de travailler sur les associations et les représentations des membres de l’équipe en réunion de synthèse. Il est indispensable de maintenir la continuité de la pensée dans tous ces espaces groupaux pour qu’ils survivent.

La réflexion de cet auteur sur la vie psychique des équipes est parfois complexe mais elle est régulièrement éclairée par des vignettes qui maintiennent notre attention.

Catherine ALLALI