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JDP avril 2014 - Statut des psychologues de l’EN - le ministère doit revoir sa copie.

jeudi 24 avril 2014


Statut des psychologues de l’EN : le ministère doit revoir sa copie.
JOURNAL DES PSYCHOLOGUES n°316
ACTUALITES

Dans le numéro 316 d’avril du Journal des Psychologues - D. Goetgheluck et P. Conrath - évoquent le communiqué de l’AFPEN du 12 février et la question du statut des psychologues de l’EN avec le commentaire suivant : « le ministère doit revoir sa copie ».

Ils rappellent le fait que cette revendication d’un statut, d’un corps unique et du recrutement est ancienne.

Allusion est ensuite faite à la réponse du ministère à une question posée par M. Rainard, sénateur de l’Aude. La question de ce parlementaire portait sur la reconnaissance statutaire des psychologues du 1er degré, leur formation et leur recrutement.

La formulation de la réponse ministérielle demeure ambiguë. Le rôle des psychologues est réaffirmé, mais la nécessité d’avoir exercé les fonctions d’enseignant avant d’être psychologue apparaît toujours de façon implicite.

Enfin, une confusion entre enseignant spécialisé et psychologue semble perdurer : « les psychologues. avec les autres enseignants spécialisés ».

Pour finir, les deux auteurs affirment « on est loin du statut de psychologue attendu ».

Philippe Coche

A lire en Actualités du JDP et sur le site de l’AFPEN ci-dessous :

Statut des psychologues de l’EN : le ministère doit revoir sa copie.




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JDP avril 14 Statut des psys





forum

  • JDP avril 2014 - Statut des psychologues de l’EN - le ministère doit revoir sa copie.  
    | par akila |  22 avril 2014

     

    Article qui m’a interpellée par la nature des ses comparaisons improbables avec la fonction de psychologue à l’école
    être enseignant avant d’être psychologue à l’école, comme être malade avant de de travailler à l’hôpital ou chômeur avant de travailler à pôle emploi et avoir été élève avant d’être enseignant.

    Il n’y a rien de choquant à ce qu’on exige qu’un futur psychologue de l’éducation nationale ait expérimenté pendant une année le fonction enseignante et la gestion d’un groupe. cela évitera peut-être qu’on se retrouve avec des personnes inexpérimentées qui plaquent leur savoir universitaire auprès des enseignants et des élèves.
    comment entendre à minima un enseignant qui peine à tenir un groupe ou qui s’inquiète de la montée en violence d’un enfant et de son effet sur le groupe si on ne s’est pas confronté soi-même à ce type de problème ? j’ai parfois l’impression que le choix d’occuper un poste de psychologue le plus rapidement par des jeunes qui ont été recrutés au concours est un échappatoire à la pratique de la fonction enseignante qui les terrifie.
    il me semble qu’ils auraient bien d’autres rencontres à vivre avant la rencontre clinique.
    Jeune psychologue à 24 ans, c’est ce que m’ont conseillé mes superviseurs à l’époque et je ne regrette pas d’avoir suivi leurs conseils.

    • JDP avril 2014 - Statut des psychologues de l’EN - le ministère doit revoir sa copie.  
      27 avril 2014

      Bonjour,

      Que nous dit notre interlocutrice ?

      Elle parle d’inexpérience (et donc de nécessaire expérience).

      Elle pointe que le savoir théorique n’est pas suffisant à la compréhension et à la bonne gestion d’une situation.

      Elle renvoie, comme beaucoup d’autres, à la fuite de la fonction d’enseignant (possiblement "terrifiante" en lien avec la gestion difficile du groupe classe et la possible montée de la violence d’un élève) vers les plus tendres paturâges de la fonction de psychologue.

      Elle relève que la rencontre pédagogique est une expérience qui précède la rencontre clinique et que cette stratégie lui a été conseillée par ses superviseurs.

      Elle assume son parcours qu’elle trouve judicieux et enrichissant et qu’elle ne regrette pas.

      Elle défend implicitement le fait que le passage par une année de pédagogie contribue à la connaissance intime de l’institution.

      Elle interpelle l’AFPEN à ce sujet, afin de faire entendre un autre point de vue possible

      Question : qu’est-ce qui fait le psychologue ?

      Autre grande question : un psychologue est-il psychologue partout de la même façon ? Est-il équivalent de travailler dans un environnement scolaire ou dans un service de soins palliatifs ?

      Personnellement, je crois qu’on travaille avec ce qu’on est, avec tout ce qu’on est, ses théories et ses pratiques, ses failles et ses expériences de vie, sa culture et ses croyances, et que c’est justement parce qu’on les intègre à une pratique et qu’on met son "appareil à penser les pensées" non neutre au service de l’autre (et non de l’Autre) qu’on peut l’accompagner en faisant de son mieux.

      Dans ce modèle plutôt humaniste, plutôt du côté de Rogers et de Milton, l’expérience de l’enseignement et la connaissance intime de l’institution paraissent essentielles et constructives.

      Par ailleurs, notre appartenance au système éducatif nous marque d’un sceau auquel nous semblons trop vouloir nous soustraire et qui fait que nos interlocuteurs nous ramènent souvent à cette appartenance qui ne leur paraît pas assez marquée (preuves en sont encore les diverses remarques apparaissant dans cet article du JDP) Nous sommes des enseignants PE, dépendants des IEN et dont le matériel de fonctionnement est payé par les mairies qui nous accueillent. C’est "la réalité qui tranche".

      Ces représentations concernant la fuite de la fonction enseignante de notre part sont perceptibles aussi bien chez les enseignants que dans la hérarchie de notre institution. Il n’y a guère que les enfants et leurs familles qui ne se posent aucunement la question.

      Dans la catégorie "qu’est-ce qui fait résistance au statut de psychologue chez nos interlocuteurs du ministère ?" peut-être faudrait-il entendre la crainte, plus que partout ailleurs, que les psychologues échappent à l’Education Nationale, par nature rebelle puisque sa mission devrait être de former des citoyens libres. Les psychologues, par leur revendication à faire ce pas de côté, sont "les poils à gratter du système" (citation d’un des IEN croisés au cours de ma longue carrière) Ah cette tendance à être dedans / dehors... :))

      Pour avancer, ne faudrait-il pas d’abord rassurer ?

      Ce problème ne se pose d’aucune façon aux médecins, infirmières, assistantes sociales... de l’Education Nationale. Elles sont perçues quelques fois comme possiblement pénibles ("elle est toujours du côté des famille" ai-je entendu récemment de la part des enseignants) mais loyales à l’institution dans le regard de l’institution et de la hiérarchie. Or nous, nous sommes vécus comme les electrons libres d’un système que nous aurions fui ou auquel nous aurions souhaité échappé et auquel nous sommes potentiellement déloyaux parce que nous l’aurions trahi.

      Cette crainte n’existe pas de la même façon à l’hôpital, ou dans les services de la justice, ou dans les crèches où les psychologues sont à disposition des professionnels et/ou des usagers, mais rarement des deux à la fois. Parce qu’il me semble qu’on vit moins qu’à l’école le psychologue comme tiers, entre deux parties qui peuvent se dresser l’une contre l’autre : les enseignants d’un côté, les familles et leurs enfants de l’autre, le psychologue à qui on demande une "évaluation" de la situation pour savoir de quel côté ça va pencher... Dans les autres institutions comme en pratique thérapeutique, le psychologue sert plutôt de tiers à une seule partie !

      La création des postes de référents, leur développement, la ligne budgétaire avec téléphone, ordi, frais de déplacement et primes, leur détachement des IEN et leur rattachement aux IA ASH n’a posé absolument aucun problème à personne. Pourquoi ???? Il me semble qu’une des réponses possibles réside dans le fait qu’ils ne génèrent aucune inquiétudes chez leurs interlocuteurs. Ils ont changé paisiblement de fonction, sans crise identitaire, sans revendications à haut bruit, sans changement de statut, mais avec de nouvelles obligations et de nouvelles contraintes (dont le temps de travail) et formations auxquelles ils se plient car c’est leur intérêt personnel et professionnel. En échange de quoi, on leur a donné tout naturellement beaucoup d’avantages pour servir.

      Pour conclure :

      - pour nos interlocuteurs du ministère, pourrions-nous associer la proposition de recrutement externe à une année de stagiairisation de psychologue de l’Education Nationale, avec supervision et surtout un engagement à mettre en place un module de formation à la déontologie institutionnelle, à la connaissance de l’institution et de son organigramme, à l’éthique de la fonction publique. Le moindre fonctionnaire territorial se voit demander de réfléchir à sa nouvelle appartenance catégorielle. Et pour nous, il suffirait d’un titre universitaire ?

      - pour nos adhérents, ne faudrait il pas développer une stratégie de communication possiblement utilisable en direction de nos partenaires (enseignants, mairies, ....)

      Associativement,

      Patricia Garouste

    • JDP avril 2014 - Statut des psychologues de l’EN - le ministère doit revoir sa copie.  
      27 avril 2014

      Bonjour,

      Ce n’est pas le titre qui fait le clinicien, la validation universitaire garantit néanmoins le titre.

      - « Plaquer un savoir universitaire » peut s’inscrire dans un registre défensif, au même titre qu’une certaine forme d’empathie au semblable ( avoir été ... enseignant, traversé par le deuil, un trauma, confronté à un échec fut-il scolaire...) pouvant venir faire écran à ce qu’il y a à entendre, du coté de l’enfant, du parent ou de l’enseignant ( et ce quelle que soit son expérience).

      - « être psychologue » suppose de pouvoir faire ce pas de coté, mettre au travail la théorie, se décaler de son parcours professionnel ( et bien souvent personnel) antérieur.

      - Etre psychologue en institution, à l’éducation nationale aussi , suppose pour moi cette place de tiers extérieur, celle qui met au travail la limite, (ou le bon sens premier pour paraphraser Roland Gori), qu’aucun savoir, qu’il soit universitaire psychologisant ou professionnel du coté de la pédagogie, ne devrait venir combler afin de laisser une place ouverte au devenir de l’enfant comme de l’enseignant.

      Gaby Keiser-Weber