La distance et le prix du transport des hommes comme du matériel nous sépare mais la pensée nous unit.
Ce que je trouve très intéressant dans votre témoignage est de voir les préoccupations communes auxquelles nous sommes confrontés.
En Europe les enseignants sont comme vous de plus en plus exposés à la nécessité de réguler d’abord et toujours, la discipline des enfants, alors que leurs parents pour des raisons d’évolution de la société, semblent avoir moins de temps à dédier à leur éducation. Votre suivi individuel des enfants
n’a rien à envier au notre. Nous vous encourageons à continuer. Il est à mon avis très délicat pour des européens de conseiller des africains sans connaître leur culture et être capables de se mettre à leur place : c’est là le rôle de la psychologie transculturelle.
Certes, échanger des pratiques est toujours enrichissant, mais le monde n’est jamais figé, évolue sans cese. L ’image du camerounais que nous avons en Europe est déjà périmée par le temps d’immigration qui le sépare de son pays d’aujourd’hui, alors qu’il nourrit souvent une image erronée du Cameroun fantasmé qu’il a laissé il y a longtemps.
La mondialisation, la technologie, à la fois nous unissent et nous divisent tout en menaçant nos propres identités ethniques.
La technologie va si vite aujourd’hui que la société occidentale du nord fabrique aujourd’hui une quantité de
produits informatiques, dont les stocks sont en attente
de trouver une possibilité de transport pour l’ Afrique. Pour surmonter ce problème de tranfert technologique, je pense qu’il serait plus raisonnable de la part de nos industriels de fabriquer au moins une partie de ces ordinateurs chez vous en Afrique, afin de déplacer le centre de production délocalisé du continent asiatique et notamment de la Chine vers l’Afrique.
À bientôt cher collègue.
Patrick GIL
Psychologue des écoles andorranes